Les contes de Peyraud

Lucie nous parle de l'AOC Bandol

"Un Peyraud peut en cacher un autre", peut on lire sur le panneau à l'entrée du Domaine Tempier. Aujourd'hui c'est Lucie qui nous intéresse car la saga des Peyraud a commencé par la rencontre de Lucie Tempier (ici tout le monde l'appelle Lulu) et de Lucien Peyraud. Ensemble ils ont écrit le conte de la naissance de l'AOC Bandol. Lucie a vécu toutes les péripéties qui ont accompagné l'événement ce qui en fait le témoin privilégié d'un mariage à trois réussi qui rassemble sous un même toit Lucie Tempier, Lucien Peyraud et le Bandol.

Un Peyraud peut en cacher un autre

La famille Tempier a toujours partagé ses activités entre le commerce de cuirs et peaux exercé à Marseille et la viticulture pratiquée sur leur domaine au Plan du CastelletLe Domaine Tempier, situé au centre de la délimitation de ce vignoble, existait déjà sous le règne de Louis XV. La Bastide fut construite en 1834 et obtint ses premières lettre de noblesse en 1885 avec sa première médaille d'or. L'artisan de ce renouveau, après la très grave crise phylloxérique qui avait anéanti le vignoble français, fut Léonie Tempier qui fit replanter les vignes sur porte-greffes et construire en 1880 la cave à foudres et caves en ciment. La crise de 1929 toucha durement la production de vin et entraîna le remplacement d'une bonne partie des vignes par des pêchers et des pommiers. . Lucie a donc vécu son enfance et son adolescence entre son foyer marseillais, sa campagne varoise et ses études aux Beaux-Arts à Aix-en-Provence. Pendant ce temps, son futur mari grandissait dans une famille stéphanoise qui fabriquait des rubans et des tissus en soie. Ses études chez les jésuites l'orientèrent vers l'agriculture. Il était déjà courant à l'époque, quand on habitait Lyon ou Saint- Étienne de passer l'été à Sanary, et c'est là que se produisit la rencontre entre Lucie et ce jeune diplômé en agriculture qui cherchait sa voie au travers de multiples stages. Leur mariage fut célébré à la fin des vendanges de 1936 et après maintes péripéties, le couple s'installa au domaine en 1940 après la démobilisation de Lucien.

Époque perturbée s'il en est où l'incertitude règne dans tous les secteurs, ce qui n'empêche pas Lucien de consacrer son énergie au développement du domaine qui produit des pêches et du vin.

A cette époque, on s'agite beaucoup pour faire reconnaître le vin du terroir de Bandol comme appellation d'origine contrôlée qu'une loi de 1935 venait de définir et de créer.
Localement c'est André Roethlisberger, citoyen suisse propriétaire du château de La Millière (lire l'histoire du château de la Milliere), qui engage le combat pour la qualité et la reconnaissance de l'appellation. S'appuyant sur la loi de 1935 et encouragé dans son entreprise par le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié, propriétaire à Châteauneuf-du-Pape et futur président de l'I.N.A.O.Institut national de l'origine et de la qualité, ainsi que par le sénateur Capus et l'inspecteur général Chappaz, il réuni les vignerons les plus dynamiques pour créer Le Syndicat des Anciens Vins de Bandol.

Sortir le Bandol de sa léthargie
On se souvenait à l'époque que le Bandol avait été un grand vin reconnu et apprécié sur les grandes tables de par le monde et dans les cours royales. Mais les épidémies apparues dans les années 1860, oïdium puis phylloxéra avaient passablement éclairci la vigne, au point qu'il n'y avait pratiquement plus de vin en France. Quand il a fallu replanter en ces années de disette, la plupart ont fait le choix de cépages généreux et prolifiques en quantité et l'on a pris l'habitude de "faire pisser la vigne" ce qui va rarement de paire avec une grande qualité!
La croisade entreprise par André Roethlisberger consistait à convaincre le maximum de vignerons de la grande valeur de leur terroir et de la nécessité de promouvoir la qualité en sélectionnant l'encèpagement et en développant des méthodes d'élevage plus pertinentes. En fait il fallait revenir aux cépages de la tradition, en particulier le MourvèdreLe Mourvèdre est un cépage de cuve noir d'origine espagnole. Appelé Monastrell en Espagne, il est le deuxième cépage noir de ce pays1, et reste avec 9200 hectares en France, un cépage important de la Provence et du Languedoc. Le Syndicat va devenir la cheville ouvrière qui mettra tout en oeuvre pour définir la future appellation, délimitation du terroir, nature et proportion de l'encépagement, méthodes d'élevage et de vinification... Ces efforts seront récompensés le 11 novembre 1941 par la publication au journal officiel du décret portant création de l'Appellation d'Origine Contrôlée Bandol.

L'entretien avec Lulu

<< Entretien avec LuluSuite >> Entretien avec Lulu


english deutsch italiano russian russian

Informations générales