article

La Semaine du Goût

La semaine du goût

La 22éme édition de la semaine du goût se déroulera cette année du 17 au 23 octobre. Son but est l'éducation au goût des petits et des grands (surtout les petits car avec les grands qui ont pris tellement de mauvaises habitudes, ce n'est pas toujours simple!).

C'est ainsi que dans les écoles et les collèges qui se sont portés volontaires, des "leçons de goût" seront dispensées par les enseignants, assistés de professionnels des métiers de bouche, artisans ou grands chefs.

Parallèlement certains établissements, restaurants ou cantines proposeront les tables du goût animées par des chefs et orientées vers la découverte des goûts et des saveurs. Tandis que les ateliers du goût proposeront des animations éducatives pour initier le public à ces subtilités (dégustations de vin, visites de fermes, de marchés, cours de cuisine...)

Si tous les goûts sont dans la nature, le goût fait partie de notre héritage génétique (ce qu'on appelle nos sens) mais au même titre que la vue, l'ouïe, l'odorat et le toucher, on peut le développer, l'affiner, apprendre le goût du beau et le goût du bon quitte à en faire une valeur culturelle... il y a une culture du goût qui permet aux humains que nous sommes de trouver plaisir aux bonnes choses et aux bons comportements.

Les hommes ont-ils perdu le goût?
Le goût des aliments est un sens qui permet d'identifier les substances chimiques par l'intermédiaire de détecteurs naturels placés sur la langue qui analysent les saveurs. Il a longtemps été le seul instrument permettant aux humains de choisir leur alimentation quand la chasse ou la cueillette étaient les seuls moyens de se nourrir. Dans les pays développés où la civilisation et les modes de vie ont séparés l'acte de manger de celui de se procurer la nourriture, il faut bien admettre que plus personne ne prend la peine de sentir ou de goûter les aliments avant de les mettre dans l'assiette et que l'on finit par manger n'importe quoi!

Ce goût là s'appuie sur des données techniques que l'Homme sait reconnaître : le salé, le sucré, l'acide, l'amer que l'on peut encore approfondir en définissant les saveurs astringentes comme le thé, les tanins, l'airelle, les saveurs piquantes comme le piment ou le gingembre, les saveurs métalliques, les saveurs grasses ou celles de l'amidon.

L'oubli de nos facultés primaires qui permettaient à nos ancêtres de séparer le bon grain de l'ivraie a dégénéré pour générer toutes sortes de maux : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires et une multitude de maladies liées au mode de vie... A tel point que de bonnes âmes se sont émues du problème et ont projeté de réapprendre aux hommes à bien manger, à manger sain pour leur bien être et l'équilibre de la sécurité sociale. Et quoi de mieux pour manger sain que d'apprécier le goût des bonnes choses. Des médecins d'abord, des nutritionnistes, ont tiré la sonnette d'alarme suivis par les politiques puis les journalistes, les enseignants, les professionnels des métiers de bouche. Des artisans, des grands chefs, se sont alors mobilisés pour initier les consommateurs, petits et grands, aux goûts et aux saveurs pour en faire un facteur de plaisir, un élément essentiel de l'art de vivre. Ils ont pour cela l'ambition de nous faire découvrir la diversité du goût, diversité d'origine des produits, diversité des productions, diversité de préparations et le respect de certaines spécificités...Avec eux nous découvrirons aussi les métiers et les savoir-faire liés à la transmission du goût, aptes à nous accoutumer aux plaisirs du goût et à un mode de vie équilibré et durable.

Avoir du goût
En quittant ses origines purement alimentaires et en empruntant les sentiers de la culture, le goût s'applique désormais à tout un tas de domaines où l'on n'aurait jamais imaginé le rencontrer. Dire d'une personne qu'elle a du goût évoque tout autre chose que la nourriture, la formule peut s'appliquer à une femme élégante, un homme bien habillé, un décor recherché, on parle du goût du beau , du goût du bon, du goût des plaisirs. Emboitant le pas à Montesquieu, qui dans un essai dont il avait le secret, ambitionne de définir "Des goûts et des couleurs", la culture de notre temps aime à se répandre sur l'agréable, le délicat, le tendre, le gracieux, le noble, le grand, le sublime, le majestueux, le je ne sais quoi... On parle "du goût des jeunes filles", le goût de la fête, le goût pour la poésie, pour la musique, il englobe l'esprit, la curiosité, le plaisir de l'autre, de la variété, de la découverte, les plaisirs souvent antinomiques de la symétrie et des contrastes, et celui oh combien recherché de la surprise !!!

Composante incontournable du goût, le sel est considéré comme un rehausseur de goût, il l'a toujours été au sens propre; au sens figuré il est devenu le sel de la vie pour mieux nous faire apprécier le goût de vivre.

Gérard Normand



english deutsch italiano russian russian

Informations générales