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La confrérie de Saint-Elme

Au début du 18éme siècle, la future commune de Bandol est un abri portuaire blotti dans le creux de la baie, un hameau de pécheurs subvenant à la consommation des produits de la mer des communes de l’intérieur.
Par sa situation géographique, il offre le privilège de mouillage pour tous les voiliers et les bateaux désirant se mettre hors des grosses tempêtes ou de mauvaises vagues qui arrivent brusquement en cette mer du Levant (Méditerranée).

Le rivage est d’un accostage facile, hormis la faible profondeur sur les abords de la grève, empêchant les grosses unités de bateaux ou de voiliers d’approcher trop près du bord pour débarquer du matériel ou des provisions. Au fil des ans de nombreuses petites barques font du transit entre les bateaux et les voiliers dans la baie. Le déchargement des denrées se pratique en transbordant des voiliers dans des barques plus petites à fond presque plat sans quille.

Dès l’Acte d’Habitation du 14 août 1715, le peuplement se fait sur le rivage de la baie, c’est ainsi que le village prendra naissance et se développera au cours des siècles. A ce moment là, la future commune de Bandol ne compte pas moins de cinq cents habitants dont nombre se réclament des “gens de mer“.

C’est en 1750 qu’est créée leur confrérie par regroupement de ces nombreux hommes de mer que compte la population. Le saint-patron religieux des gens de mer est “Saint-ElmeIl y a plusieurs “Saint-Elme“ :
Evêque d’Antioche sous Diocletien, Saint-Elme vécu au IIIéme siècle. Persécuté il se réfugie au Liban, retourne en Campanie où il est martyrisé vers 293.

Saint-Elme vécu IV° siecle sous l’empereur romain Maximin (250-310), il fut persécutée pour ses prêches et sa foi.

Saint-Elme est aussi dénommé “Erasme“, évêque de Formie (Italie), il vécu au Véme siècle, se sont les Lombards qui le firent périr dans les flammes.

Mais aussi Saint-Pierre de Gonzales, dominicain espagnol du Moyen-âge (1190-1246), conseiller du roi Ferdinand III de Castille, et surtout apôtre des matelots et gens de mer de la Galice, connu pour ses miracles dans le monde maritime
“ protecteur de tout navigant maritime.

La confrérie est élaborée par les professionnels de la navigation et les corps de métiers de la mer. Elle comprend peu de pêcheurs, la majorité étant des gens embarqués dans la marine marchande; ils font du petit cabotage comme capitaines ou matelots pratiquant le commerce au long cours vers les Amériques, la Baltique ou le Levant.

L’année suivante en 1751, laissant la très petite chapelle du château à son propriétaire le seigneur de Bandol François, Auguste de Boyer de Foresta de Laussel, Monseigneur de Belsunce consacre officiellement la construction de la nouvelle église de “Saint-François de Sales“ avec nomination d’un curé paroissial et de l’établissement d’une cure (paroisse indépendante) en titre à Bandol donnant un lieu de culte propre à la commune.

Cette confrérie de “Saint-Elme“ devient la plus importante du village ou se mêlent des gens de mer locaux et des étrangers à certaines fêtes de circonstances, lorsque leurs bateaux ou voiliers mouillent ou relâchent au port.

Elle regroupe l’ensemble des professions de la mer. Les hommes se réunissent pour prier et implorer la clémence divine de les protéger des flots, des tempêtes, des ouragans, des noyades, des accidents de toutes natures lors de leur navigation sur les mers et les océans du monde.

C’est la Confréries de Saint-Elme, qui formera la première caisse de prévoyance, secours et retraite donné aux marins accidentés, pauvres et veuves de marins.

Elle adopte pour leurs cérémonies et leurs processions la tenue de pénitent de leur corporation maritime définie par une cape ou robe leur couvrant le corps jusqu’aux pieds et un capuchon dissimulant la tête, le tout de la couleur d’un rouge très foncé (couleur de la teinture dont les pêcheurs trempe leurs filets).

La Saint-Elme est traditionnellement célébré le 2 juin de chaque année par une procession de l’église au port pour y bénir les bateaux et les équipages, elle a été décalée pour de simples raisons de calendrier des festivités.

par Max Moutte, historien communal de Bandol



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