Bruno Vigoroso

De là bas... à jusqu'ici...

D'Alger à Toulon, en passant par New York, Berlin et Shanghai, Bruno Vigoroso laisse sa trace, celle d'un artiste contemporain qui inscrit son ½uvre entre classicisme et modernité, singularité et fidélité.

A l'écouter il n'avait pas le choix. Accident de moto. Les pieds noirs dans le plâtre, c'était peindre ou vivre ; mais vivre avec le bruit et la fureur du monde qui cogne dans le cerveau, vous esquiche l'âme, vous esquinte la vie, vous esquagasse l'existence et vous broie dans le commun. Alors il s'y est collé, s'est frappé les cours, les esquisses, les croquis et les gars l'air de rien. Ça sentait le camphre et l'acrylique, et sur la toile débordait un univers à la fois intime et partagé que la figuration libre a fini par dompter sans jamais enfermer.

Derrière la carapace de l'hidalgo florentin de Besagne bouillonnaient le coeur de la ville, les formes et les lumières de la Méditerranée. Les toiles prenaient l'accent de la rue du Canon, les odeurs du cours Lafayette et les couleurs de la rade où se mêlent sang et or, rouge et noir dans la mêlée des corps qui se frôlent, se heurtent ou se vendent. Depuis, la pelle du large a renfloué le minot, il s'accroche à New York, Hambourg, Hong Kong ou Paris, trois douces veillent sur lui.

Mais l'appel du rosé frais sous les canisses et le cagnard avec les collègues ramènent inlassablement ce tendre cynique à son miditerritoire Le kakou au coeur tendre assume ses fêlures, il livre sur la toile le fin fond de ses tourments, de ses sentiments. Y'a du bordel dans le teston, il le jette sur la toile et le partage à travers une oeuvre sans cesse mouvante, au gré des rencontres, des accidents de la vie et d'un talent qui s'enrichit de la nécessité de vivre et de partager. D�lger à Toulon, en passant par New York, Berlin et Shanghai, Bruno Vigoroso laisse sa trace, celle d�n artiste contemporain qui inscrit son oeuvre entre classicisme et modernité, singularité et fidélité.

1954, éblouissement primal dans la ville blanche, première toile vierge.

1959, il pousse les portes de l'école des Beaux Arts d'Alger. La peinture s'engouffre dans ses neurones. 1962, la fureur des hommes s'est déchaînée; dans le sillage l'enfance et le paradis perdu, à l'horizon, Marseille, la ville jumelle.

1971, Toulon, le minot du Port Marchand poursuit son cursus dans les "préfas" des Beaux Arts et passe son bac. Malaguti et collègues du quartier, Bruno se mange un rond point. C'est l'année cécité, le début de la faim de peindre. Il croque du nu, ombre les natures mortes et moule plâtritudes. Parcours du gars l'est rien, maîtres après maîtres il trouve sa distance, s'approprie les techniques classiques.

1974, Aix en Provence, l'école supérieure d'Art. L'Art conceptuel et les installations dominent, s'institutionnalisent. Bruno Vigoroso se singularise, fidèle à l'objet et à la production, il se réalise davantage entre Art singulier et Art Figuratif contemporain. Certificats et diplômes en poche, il mène de front enseignement artistique et création personnelle.

1977, Bruno Vigoroso est assistant au département aventure du ministère jeunesse et sports.

1980, la peinture s'impose. Artiste singulier, il s'approprie les codes culturels et esthétiques pour mieux les transcender par une technique maîtrisée qui donne à voir. Le sujet s'impose, provoque, inquiète et séduit. Bruno Vigoroso flirte avec le milieu, celui des agences de pub, des marchands et des galeristes. Concours, expositions et prix jalonnent une décennie de maturation.

1990, A Priori, il a pignon sur rue Jean Jaurès, les responsabilités artistiques et familiales s'étoffent. L'inspiration puise dans le fin fond de sa sensibilité nourrit du réel intemporel qu'il magnifie d'une facture incisive et sans cesse renouvelée sur la toile et en volume. Ce sont les années d'intervention pédagogique dans les écoles, collèges et à l'institut d'Arts Appliqués; il n'a de cesse de découvrir, de partager et de défricher.


2000, ouverture de l'Atelier A Priori. Des sauvageons y posent leurs bombes, l'heure est graff. Avec eux les murs des cités s'exposent, Bruno Vigoroso revient aux fondamentaux qui ont nourrit son imaginaire et son énergie créatrice, la rue et la fureur de vivre. Depuis, il prodigue ses conseils, partage son expérience; fidèle à sa démarche personnelle, les pieds dans le réel et la tête dans les toiles, il s'expose au regard du monde, s'accroche à son oeuvre.
Bruno Vigoroso, un homme à suivre à la trace.

M Ceccarelli



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